Entrepreneurs et mondes d’après

815.300 entreprises ont été créées en 2019 en France, combien d’entre elles seront encore actives dans 4 ans ? L’INSEE a publié en 2019 une étude édifiante sur la survie des entreprises créées en 2014, vues à fin 2017. Et le constat est sans appel : si 75% des entreprises créées au premier semestre 2014 (hors autoentrepreneurs) existaient toujours au bout de trois exercices ( INSEE Première n°1751, avril 2019 ), ce taux s’effondrait à 36% pour les autoentrepreneurs (INSEE Première n°1765, juillet 2019) !

Le contexte économique post Covid19 n’est pas fait pour nous rassurer sur la survie des entreprises, notamment celles récemment créées, sachant que le micro-entrepreneuriat représente toujours 45% des créations à fin 2019 (Les Entreprises en France Edition 2019, INSEE Références). Pour autant, faut-il baisser les bras et se résigner ? Quels sont les leviers à disposition du futur entrepreneur ? Comment identifier la différence qui va faire la différence ?

Concevoir un projet d’entreprise sans angle mort

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Figure 1 : les
facteurs humains de succès de l’entrepreneur

Lorsqu’on interroge de futurs entrepreneurs sur leur projet, la plupart d’entre eux « pitchent » l’idée de départ de leur entreprise, celle qui va sous-tendre leur modèle économique et leur permettre de développer leur activité. Ils vont assez facilement parler de leur marché, de leurs clients potentiels, de leur offre produit, de leur stratégie marketing.

Curieusement, ils parlent finalement très peu d’eux-mêmes, alors qu’ils sont pourtant leur première ressource et de loin la plus importante.

Dans ses travaux consacrés aux facteurs de succès des entrepreneurs (Next Generation Entrepreneurs, SFM Vol.1, Dilts Strategy Group 2015 ), Robert Dilts identifie des éléments essentiels au succès d’une entreprise, et en particulier :

  • La vision : il s’agit de répondre au questionnement : « dans quel monde ai-je envie de vivre ? En quoi mon projet va-t-il contribuer à l’avènement du monde auquel j’aspire ? ». Lorsque l’entrepreneur connecte son projet à ses aspirations les plus profondes, il y puise une énergie et une créativité précieuses.
  • Les valeurs et croyances : qu’est ce qui est important pour moi ? Qu’est ce qui va fonder mes décisions en tant que chef d’entreprise ? Ces valeurs et croyances sont-elles alignées avec ma vision ? Un désalignement à ce niveau entraîne un manque de congruence qui est très facilement perçu par les interlocuteurs de l’entrepreneur.
  • Les compétences : quelles sont les compétences, y compris relationnelles, dont je dispose aujourd’hui et quelles sont celles que j’ai besoin de développer pour les mettre au service de ma vision et de mes valeurs ?
  • Les comportements : quels sont les comportements que je dois mettre en œuvre et qui sont adaptés aux objectifs que je poursuis avec mon projet entrepreneurial ?

Mais ces composantes du projet entrepreneurial, pour indispensables qu’elles soient, doivent s’appuyer sur des fondations solides : la résilience de l’entrepreneur.

La résilience, fondation de l’édifice entrepreneurial.

Notion apparue en psychologie et popularisée en France par Boris Cyrulnik, la résilience désigne à l’origine la capacité d’un individu à surmonter un traumatisme.

Nous abordons ici la résilience en environnement professionnel, que l’on peut définir comme la capacité à gérer son stress en restant sain de corps et d’esprit, la capacité à rebondir et tirer des leçons des revers inattendus et préparer proactivement les challenges à venir (McEwen & Winwood (2013), Resilience at Work Scale User manual).

On comprend bien, à la lecture de cette définition, que la vie d’un entrepreneur sera inévitablement émaillée de challenges et de revers, et que prendre soin de sa résilience n’est pas une option.

La première étape consiste pour l’entrepreneur à évaluer son état présent de résilience. L’outil REP (Résilience en Environnement Professionnel) mis au point par la Psychologue des organisations Kathryn McEwen et le chercheur en Psychologie Peter Winwood, s’appuie sur un modèle qui explique la résilience par 7 facteurs (Building Resilience at Work, K. McEwen, Australian Academic Press, 2011).

Accompagné par un professionnel certifié, l’entrepreneur va évaluer son niveau de résilience sur chacune des 7 dimensions à l’aide d’un questionnaire, et identifier ainsi les domaines qu’il doit consolider, et ceux qu’il doit maintenir.

Avec REP, l’entrepreneur dispose d’un outil de diagnostic simple qui lui permet de décider en toute conscience d’adopter de nouveaux comportements qui concourront à consolider sa résilience.

Résilience et gestion des situations de tension

Parmi les compétences comportementales qu’un entrepreneur se doit de développer, la capacité à gérer des situations de tension entretient des liens très étroits avec la résilience.

Nous le savons, le conflit est inévitable et fait partie intégrante de la vie. Dès lors que deux individus ou organisations ont des intérêts apparemment divergents, le risque existe que des tensions, voire des affrontements interviennent. Si nous ne pouvons éviter que de telles situations se produisent, nous pouvons choisir notre mode de réponse : faire preuve de créativité et rechercher une solution qui soit acceptable pour les deux parties, ou entrer dans une logique d’affrontement (fight) ou d’évitement (flight). La recherche d’une solution constructive est le chemin que privilégient les entrepreneurs qui réussissent.

Quel rapport avec la résilience ?

L’état de résilience d’une personne impacte directement sa capacité à emprunter les chemins constructifs de résolution des différends, et inversement :

  • Si mon niveau de résilience est faible, il est plus probable qu’en situation de tension avec un interlocuteur, je « pète les plombs » ou je me réfugie dans l’évitement, me privant ainsi de poursuivre la relation avec lui et d’une opportunité de trouver une solution.
  • Si mon style de gestion des tensions est principalement tourné vers l’affrontement ou l’évitement, le niveau de stress généré par ces situations va directement impacter négativement mon état de résilience.

Comme pour la résilience, il est possible pour l’entrepreneur de se faire accompagner par un professionnel certifié.

Le modèle DCM (Dynamics Conflict Model) développé par le Center for Conflict Dynamics du Eckerd College (Leadership et Intelligence des Conflits, C. Runde & T. Flanagan, InterEditions 2014), en Floride, permet, grâce à un questionnaire, d’identifier nos déclencheurs (ce qui nous fait « péter les plombs ») et de recevoir une évaluation de nos styles habituels de gestion des tensions (recherche d’une solution constructive, affrontement, évitement). Le travail consistera alors, après avoir pris conscience de la situation, d’explorer et de choisir quels comportements devraient être renforcés ou abandonnés pour atteindre l’objectif de l’entrepreneur.

En conclusion, travailler les aspects humains de son projet entrepreneurial est une nécessité pour accroître ses chances de succès. Vision, valeurs, compétences (notamment en gestion des tensions) et comportements doivent être alignés, et reposer sur les fondations solides que constitue un état de résilience élevé.

NB : L’Institut Repère propose aux professionnels de l’accompagnement des formations certifiantes aux modèles cités dans cet article :

  • Résilience en Environnement Professionnel : 2 jours + certification par IWD Europe
  • DCM (Dynamics Confict Model) : 2 jours + certification par IWD Europe

Catégorie(s) : Entreprise - Résilience en entreprise

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